PHILIPPE SÉGUIN, « CE LION DE LA RÉPUBLIQUE »
Epinal est, depuis hier, la première ville de France à compter une rue Philippe-Seguin. François Fillon, Premier ministre a vanté « l’héritage intellectuel » d’un homme politique hors norme, disparu six mois plus tôt.
Epinal est, depuis hier, la première ville de France à compter une rue Philippe- Séguin, qui en fut le maire entre 1983 et 1997. François Fillon, premier ministre et séguiniste historique, a vanté « l’héritage intellectuel » d’un homme politique hors norme, disparu six mois plus tôt.
C’était en octobre 1997. Philippe Séguin, maire de la ville depuis 1983, s’apprête à laisser son mandat et de confier les rênes de la ville à Michel Heinrich, son premier adjoint. Il convoque celui-ci dans son bureau afin qu’il l’aide à dresser la liste de ses réalisations. Il pointe notamment la piscine olympique, l’Ecole nationale supérieure des technologies et industries du bois et le golf municipal, ouvert en 1985 et popularisé par une campagne sans précédent sur les Champs-Elysées, avec ce slogan : « Venez jouer une journée au golf à Epinal pour le prix d’un ticket de métro ». Ces trois réalisations se situent dans la même rue, celle du Merle blanc.
« Tu vois Michel, si un jour tu veux donner mon nom à quelque chose ici, ce sera cette rue ». Depuis hier, six mois après sa mort, c’est chose faite. La rue du Merle blanc est devenue la rue « Philippe-Séguin (1943-2010). Député des Vosges (1978-2002). Maire d’Epinal (1983-1997). ». La plaque et la stèle voisine ont été révélées, hier, par François Fillon, Premier ministre et séguiniste historique. « Ils avaient à peine dix ans de différence d’âge et sont devenus parlementaires en même temps en 1981. François Fillon a l’habitude de dire que Philippe Séguin l’avait pris sous son aile, comme un grand frère », précise, en aparté, une collaboratrice du Premier ministre.
L’émotion de ses enfantsCe dernier n’est pas venu seul de Paris, preuve de la trace politique laissée par Philippe Séguin. Une dizaine de parlementaires ont fait le déplacement ainsi qu’Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy et Bernadette Malgorn, proche collaboratrice et ancien préfet de la Région Lorraine. « Const ater qu’aujourd’hui il fait partie de l’histoire, c’est difficile à admettre », souffle-t-elle.
Trois des quatre enfants de Philippe Séguin, ont assisté à la cérémonie. Catherine, enceinte, Anne-Laure, la plus jeune et Pierre, qui avoue son « émotion ». « Je venais en vacances à Epinal avec mon père, il a eu beaucoup de bonheur dans cette ville », confie-t-il.
Dans l’amphithéâtre de l’Enstib, sous un grand portrait en noir et blanc, le Premier ministre poursuit son hommage à « ce lion de la République ». « Ceux qui passeront dans la rue Philippe-Séguin se souviendront de cet homme attachant, inclassable et inlassablement dévoué à la chose publique », lance-t-il à la tribune. François Fillon a souhaité dépasser le deuil et évoquer « l’actualité de l’héritage intellectuel et politique de Philippe Séguin […] et il est temps de dire que cet héritage est vivant et qu’il peut nous inspirer face à la tourmente où se trouvent aujourd’hui plongées la mondialisation, l’Europe et la France ». Le discours se fait aussi intimiste à l’évocation du « fils d’un jeune combattant mort en 1944 ». Enfant, Philippe Séguin demande à sa mère ce que signifie l’expression « pupille de la nation », ce qu’il est. « Cela veut dire, lui répondit-elle, que la France est ton père de remplacement », rapporte François Fillon qui y voit la foi indéfectible qu’il portait dans « dans la valeur du message universel » de son pays.
P.R.