Lorient ville Lorient (56) Le pont St-Christophe a 50 ans

Le 19 juillet 1960 ont lieu les premiers essais : une file de 45poids lourds (972 tonnes) permet d'apprécier la fiabilité du nouveau pont (collection A. et L.Leclère).
Il y a tout juste 50 ans, le nouveau pont enjambant le Scorff pour relier Lorient et Lanester, le pont Saint-Christophe, était inauguré. Il remplaçait le vieux pont suspendu. Et déjà était évoquée la nécessité d'un second pont...
Jean Maurice, ancien maire et conseiller général de Lanester, se souvient encore de l'un de ses premiers dossiers de maire. Élu en 1953, il défendit alors très tôt la construction d'un nouveau pont entre les deux rives du Scorff. «À l'époque, il faut bien comprendre que cet ouvrage était un pont suspendu dont le tablier supportant une seule voie de circulation était en bois. Un policier, côté Lorient, avait la charge de régler le trafic à l'aide de feux tricolores».
Unique passage de l'axe Lorient-Paris
Or ce pont était l'unique passage de l'axe Lorient-Paris. L'ensemble du trafic routier du port de pêche et de la zone économique lorientaise passait par ce pont. Une chose impensable aujourd'hui. Lorsqu'il a été mis en service, en 1960, après une inauguration en présence du ministre des Transports de l'époque, Robert Buron, le pont possédait, de chaque côté, des pistes cyclables. On comptait 5.000 deux-roues par jour sur le pont. Le chantier du pont s'est aussi traduit par la construction des bâtiments des services de la direction départementale de l'Équipement qui se trouvent le long du Scorff: «Ils ont été payés sur les crédits prévus pour le pont. On peut le dire aujourd'hui. Il y a prescription», dit Jean Maurice avec humour.
Mise à quatre-voies en 1972
C'est en 1972 que la mise à quatre-voies a été réalisée, supprimant alors ces pistes cyclables. Des passerelles en encorbellement étaient envisagées pour les piétons, permettant le maintien des pistes cyclables. Lecoût en était trop élevé. Elles n'ont jamais été construites. Lors de l'inauguration de ce nouvel aménagement, Jean Maurice avait émis un souhait: «Il est urgent que l'État décide de la construction d'un nouvel ouvrage d'art entre la passerelle de chemin de fer et le pont Saint-Christophe». Il imaginait un «pont-digue» pouvant laisser passer les bateaux à la demande.
Le second pont 30 ans après
Il aura fallu attendre plus de 30ans pour que le pont des Indes soit lancé au-dessus du Scorff. Son emplacement était déjà inscrit sur les plans d'urbanismes des communes de Lanester et Lorient dessinés en 1947! «Lorsque le pont Saint-Christophe a été construit, la rue Jean-Jaurès était l'unique artère d'entrée dans Lorient. Les automobilistes ne connaissaient d'ailleurs Lanester qu'à travers cette rue», remarque aujourd'hui Jean Maurice.