8mai 1945. 65 ans après... «tous aux abris» à Lorient!

Publié le par Mag M de G

Entendre la sirène d'alerte, se serrer sur les bancs d'un abri de la défense passive, c'est l'expérience qu'ont pu vivre, hier, 200Lorientais, replongés dans l'enfer de la destruction de Lorient, pendant la Seconde Guerre mondiale.

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«En entendant la sirène, on partait en courant». JosephLeBlévec s'est transporté 67ans en arrière, hier après-midi, à Lorient, à l'écoute du mugissement de la sirène d'alerte qui l'a sorti si souvent de son lit. Discrètement, son petit appareil photo à la main, il s'est glissé dans le groupe de 200 personnes qui a visité, hier, le plus grand abri de défense passive construit pendant la Seconde Guerre mondiale, situé sous la place Alsace-Lorraine. Pour commémorer le 65e anniversaire de la libération de la poche de Lorient, le service du patrimoine de la Ville a souhaité replonger les Lorientais de 2010 dans l'ambiance d'une alerte. 

«Dans l'abri on sentait les vibrations» 

«J'avais 9 ans en janvier1943», a raconté Joseph à un petit garçon accompagné de sa grand-mère, assis juste en face de lui, sur un banc de l'abri. «Je n'habitais pas loin, rue Ducouédic. Habituellement, pendant les alertes, on allait se réfugier dans les caves de la gendarmerie en construction, juste à côté de chez nous. Mais ce jour-là, j'avais peur. Il y avait eu un bombardement deux jours auparavant. Des bombes étaient tombées rue Jules-Legrand et je suis allé voir les ruines fumantes. J'ai insisté auprès de ma mère pour qu'on vienne ici. J'ai bien fait. On était tous les deux, avec ma tante. Ça a commencé vers 23h. Jusqu'au petit matin. Dans l'abri, on sentait les vibrations. De temps en temps, on allait par petits groupes de cinq jusqu'à la sortie. On voyait Lorient brûler. On redescendait. À l'aube, on est sorti. Tout brûlait. Il y avait de grosses poutres qui tombaient des établissements Corbières, situés juste en face. On n'avait plus rien. Même pas une valise. On nous a mis dans des cars, pour Vannes, puis Saint-Abraham, près de Saint-Marcel. Un cultivateur nous a recueillis. Le soir, avec ma mère, on a dormi dans un lit clos.Je me souviens des crêpes qu'on nous a servies. Les meilleures que j'ai jamais mangées». Joseph passera le reste de la guerre chez son oncle, à Plouhinec. À attendre le retour de son père, arrêté par les Allemands pour faits de résistance. Il ne reviendra pas. Mort dans un camp de concentration polonais en janvier1945. 

L'envie de témoigner 

Timidement, hier, il a replongé dans ses souvenirs. Motivé par l'envie de transmettre, «de témoigner pour que ça ne se renouvelle pas». C'était la deuxième fois qu'il revenait dans l'abri de la place Alsace-Lorraine. «La première fois, c'était il y a trois ans. J'étais tellement ému que je n'ai pas pu parler». Cette fois, il a pu raconter. Pablo et Eliott, 8 et 9 ans, accompagnés de leur papa, n'en ont pas perdu une bouchée.

·                                 Sophie Paitier

 

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Publié dans Hommages

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