Festivals bretons. Tous au vert !
Festivals bretons. Tous au vert !.
Parmi les innovations misant sur l'écologie, le développement des transports en commun, comme ici au Bout du Monde, où certains festivaliers viennent en bateau. Photo d'archives Eugène Le Droff
Tous les festivals bretons, ou presque, se mettent au vert. Effet de mode, de communication ou réelle démarche de développement durable? En tout cas, les efforts sont réels.
Le Bout du Monde a lancé le mouvement il y a quatre ans, en généralisant à grande échelle -100.000 exemplaires - les gobelets consignés et réutilisables. «On veut faire les choses bien, c'est tout», souligne Antonin, l'un des responsables du festival crozonnais. Un gobelet réutilisable, c'est sept à huit fois plus de plastique. Ce n'est intéressant écologiquement que s'il est réutilisé. Mais cela permet déjà de limiter les déchets au sol».
Valoriser les déchets
De fait, 1,5 tonne de gobelets jetables sont écartés du circuit. Ce n'est pas pour rien si les autres emboîtent le pas. 350.000gobelets réutilisables vont ainsi être mis en service au Festival interceltique de Lorient (dont 200.000, achetés en commun avec les Vieilles Charrues de Carhaix). Au-delà de cette réduction de déchets à la source et des armées de bénévoles qui les récoltent, à la fin des concerts, les festivals investissent dans le tri sélectif(sacs poubelle, conteneurs). Le FIL va ainsi intensifier ses points de collecte: «On valorise 17% des 110 tonnes de déchets. C'était zéro, il y a quatre ans, mais on veut faire mieux», confie Virginie Besnard, coordinatrice développement durable. Les Vieilles Charrues, elles, valorisent 44% de leurs déchets. Au Bout du Monde, les 12 tonnes de déchets ont été réduites de moitié: «Tout repose sur le festivalier. Cet été, on offrira à ceux qui ramèneront un sac jaune bien trié, un crêpe ou une boisson», précise Antonin. «Le but, c'est d'instaurer un cercle vertueux en induisant de nouveaux comportements», souligne Virginie.
Économiser l'eau
«Tendance» aussi, les toilettes sèches: le Bout du Monde va en doubler le nombre (49). Là encore, l'efficacité tient à la qualité de la collecte et du compostage ultérieur. À Astropolis, elles ont permis d'économiser 75.000litres d'eau. Le festival brestois a aussi fait transporter 4.000 personnes par transports en commun. 11.000 festivaliers sont aussi venus à Crozon par TER, les cars du Finistère ou le bateau, depuis Brest. La voie maritime est aussi utilisée par le Fil à partir de Port-Louis et Locmiquélic. Tout est bon pour améliorer le bilan carbone. La recherche d'économie d'eau ou d'énergie (utilisation de led) suscite aussi une réflexion commune. 23 structures se sont regroupées en collectif en 2008. Le tout jeune festival «Fête du bruit dans Landerneau» y a adhéré d'emblée. L'apport des Vieilles Charrues est précieux, vu son expérience au niveau social et économique du développement durable: 5.500bénévoles, embauches locales, 80 fournisseurs bretons, aides aux associations et aux projets de développement locaux...
Mutualiser les moyens
«Nous en sommes à une phase d'évaluation, de partage d'expérience et d'accompagnement des festivals», explique Marie-Line Chasle, coordinatrice. «Mais on va vers une mutualisation des moyens et compétences, source d'économies, afin de reporter l'argent sur les projets artistiques et culturels». Plusieurs projets sont dans les cartons. Sans doute pas à la hauteur du panneau solaire de 1.500m² (200kW), prévu par Glastonbury pour alimenter sa scène principale. Mais le plus important dans le développement durable, c'est la technologie de l'intelligence. A priori, la matière première ne manque pas.
· Hervé Queillé