2004-2006: la «cohabitation» Malgorn – Le Drian – Le Télégramme – 02 mars 2010
2004-2006: la «cohabitation» Malgorn – Le Drian
De 2004 à 2006, le président Le Drian et la préfète Malgorn ont copiloté la Bretagne. Ils semblaient alors s’entendre plutôt bien, sur des priorités partagées et des collaborations dont l’un et l’autre se disaient satisfaits. La représentante de l’État n’était sans doute pas prête pour autant à donner sa bénédiction à toutes les décisions du président mais jamais elle n’a exprimé -ni même laissé transparaître – la moindre désapprobation. De la même manière, Jean-Yves Le Drian a eu maintes fois la dent dure à l’égard du gouvernement mais il ne s’en est jamais pris à la préfète de Bretagne.
Une situation inédite
Aujourd’hui tout est différent. Les voici concurrents dans une situation totalement inédite. Jamais le conseil régional n’avait été disputé par des candidats possédant à ce point la passion de la Bretagne, la connaissance des dossiers régionaux… et le goût du pouvoir au service de l’action publique. Jamais non plus deux candidats n’ont pu, comme aujourd’hui, revendiquer chacun son bilan. Car si Jean-Yves Le Drian a six ans de mandat à faire valoir, Bernadette Malgorn a dirigé durant près de cinq ans l’administration d’État. Et, plus qu’aucun autre préfet, elle a marqué son passage de sa patte. Question de tempérament mais aussi d’implication personnelle: avant elle, aucun Breton n’avait été nommé préfet de Bretagne.
Du plan au programme
Bilan contre bilan? «Ce que j’apprécie le plus dans celui du président, c’est la mise en oeuvre de ce que j’avais lancé moi-même», commente-t-elle dans un éclat de rire, en citant l’établissement foncier, le schéma régional éolien, la parité homme-femme ou encore le Pôle mer sur lequel, dit-elle, la Région se montrait peu enthousiaste, de crainte qu’il ne porte ombrage à Images et Réseaux. C’est aussi dans son exercice préfectoral qu’elle a défini, dès 2004, les priorités stratégiques de l’action de l’État en Bretagne. On les retrouve dans l’ossature de son programme politique, avec l’émergence d’un réseau métropolitain Rennes-Brest basé sur la complémentarité et les synergies, le dopage de l’innovation par la recherche au service de l’économie ou la reconquête de la qualité de l’eau conjuguée avec le maintien du potentiel agricole.
«Dialoguer, ce n’est pas colloquer»
Déjà, dans son plan stratégique, elle posait le partenariat avec les collectivités et les acteurs économiques comme une condition de la réussite. Aujourd’hui, elle affirme le dialogue comme credo de gouvernance. «Dialoguer, décider, agir: je crois au vrai dialogue, pas aux colloques et aux comités de circonstance», résume-t-elle. La différence? «Dialoguer, avec la confrontation que ça implique, ce n’est pas choisir son interlocuteur en colloquant avec des experts que l’on a soi-même nommés». Une manière de stigmatiser les instances de concertation mises en place par Jean-YvesLe Drian.