Superbe concert d' Alan Stivell hier au Festival de Lorient

Publié le par Mag M de G

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LORIENT/AN ORIANT — On a refusé des entrées hier pour la Grande nuit de la Bretagne au Festival Interceltique de Lorient. Alan Stivell, tête d'affiche, était accompagné par le Bagad de Lorient et la Chorale du Bout du Monde. Commencé tranquillement par une suite de douces ballades en gaélique venues d'outre mer celtique, le concert s'est vite enflammé vers des rythmes endiablés et électifiés dont Alan a le secret, voire le génie. Même si sa harpe siègera pendant tout le concert au centre de la scène comme un totem sacré, le pionnier du renouveau musical breton a défilé selon les morceaux, tantôt avec une cornemuse, tantôt avec un irish whistle mais pour toujours retourner vers l'instrument dont il est à l'origine de la renaissance en Bretagne. Hier on a pu écouter un Stivell radieux qui a définitivement retrouvé la forme. Rappelé sur scène , il fit entonner alors avec les plus de 2000 personnes, pour la plupart debout sous le chapiteau Marine, que les organisateurs du FIl, réservent aux grands concerts, le fameux et éternel Tri Martolod. Le concert finit en apothéose avec le Bro Gozh Va Zadoù .

Avant de l'entamer, Alan a réclamé, sous les applaudissements, « que la Bretagne soit dotée du même statut que que les autres nations celtes ». Au début du concert, il avait déjà annoncé à une foule médusée et pas encore chauffée, que la Bretagne était un pays situé entre la France et l'Irlande ! Des phrases choques, courtes, martelées comme les notes cristallines de sa harpe. On sent que Merlin s'il a existé devait ressembler à Alan. Il lui manque que la barbe blanche. Le public ne s'y trompe pas. Il a bien compris, toutes générations confondues, qu'il est le dernier des enchanteurs. Ou plutôt la dernière réincarnation du célèbre enchanteur. Alan Stivell est devenu un mythe vivant.

A noter que contrairement à d'autres artistes bretons, Alan n'a jamais voulu séparer ses convictions de son oeuvre artistique. Le passé ne peut être séparé du futur. La prose de la poésie. La politique de la culture. Il a quelques mots simples à dire et tant pis si ca ne plait pas à tous. De toutes façons, il n'a jamais été là pour essayer de plaire à tous ou pour vendre le plus possible de Cds. Il a passé l'âge de toutes façons . Il y a un seul Alan Stivell. Il a un seul engagement, même si son imaginaire est multiple et bien sûr pas uniquement cantonné à l'univers celtique. Dans une interview récente au Télégramme il a déclaré « Le militantisme et la passion vont ensemble ». On pourrait y ajouter: la création. Il est musicien artiste et militant tout à la fois dans une seule expression sans dichotomie. Vous aimez ma musique? vous aimez la Bretagne ? alors écoutez, il y a aussi quelques vérités simples que j'ai à dire et que vous n'entendrez ni à la radio, ni à la télévision et que vous ne lirez pas dans la presse régionale. ■

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