Région. Alliés pour le rail mais sévères adversaires
La défense du projet ferroviaire Bretagne grande vitesse (BGV) a conduit le président de la Région et la patronne de son opposition à adopter la même attitude. Mais Bernadette Malgorn reste une sévère adversaire de Jean-Yve Le Drian. Et elle ne l'envoie pas dire.
L'avant-projet du Schéma national des infrastructures de transport (Snit), rendu public la semaine dernière par le ministère de l'Écologie, ne cite pas le projetBGV (Brest et Quimper à troisheures de Paris). En revanche, il prévoit une liaison rapide Rennes-Nantes, via le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44). Certes, il y a un avenir possible pour les oubliés du Snit. Mais il y aura surtout une garantie de financement et de délai d'exécution pour les projets qui y figureront.
Borloo interpellé
Une garantie qui change tout, en cette période de rigueur dans la gestion publique. D'où la réaction de Jean-Yves Le Drian, qui a exprimé son mécontentement (Le Télégramme Dimanche) et annoncé qu'il interviendrait auprès de Jean-Louis Borloo dès son retour du Japon, en fin de semaine. De son côté, Bernadette Malgorn a écrit, dès mardi, à Jean-Louis Borloo pour signaler sa «détermination à voir mené à bien notre projet ferroviaire, pour rééquilibrer l'Ouest et l'Est de la Bretagne et inscrire notre région dans les objectifs poursuivis par le Grenelle de l'environnement». Elle lui rappelle au passage que l'avant-projet de Snit (qui acte la liaison ferroviaire Rennes-Nantes), «ne fait toujours pas référence à la priorité bretonne qui est de mettre Brest et Quimper à trois heures de Paris, comme vous l'aviez annoncé le 17mai dernier».
«Qu'a fait le président...?»
Si ce courrier retient les mêmes arguments et va dans le sens de ce que Jean-Yves Le Drian veut faire valoir, il est assorti d'une prise de position politique très critique de son opposante de droite. «Ces six derniers mois, qu'a fait le président pour obtenir l'inscription des travaux ferroviaires au Snit?», interroge-t-elle. Elle évoque à ce propos les «gains de temps faibles» pour des «coûts élevés», ainsi que la nécessité de «faire les bons choix» parmi les «solutions alternatives coûteuses», dont avait parlé le président en janvier. «Les solutions alternatives, nous les attendons toujours», lance-t-elle. «Les choix possibles n'ont pas été présentés. Quant aux objectifs, ils sont de plus en plus passés sous silence et la majorité se justifie par quelques minutes gagnées ici ou là, qui ne sont pas à la hauteur des enjeux». «Nous n'obtiendrons pas satisfaction en lançant des grandes déclarations, mais en mobilisant l'ensemble des acteurs économiques, sociaux et politiques bretons», conclut-elle. Un ton vindicatif qui semble devoir désormais être celui du débat régional, tendu depuis le mois dernier.
- Alain Le Bloas