Nicolas Sarkozy reçoit les sénateurs UMP
Après la défaite des régionales, le chef de l'Etat a souhaité multiplier les consultations de son groupe politique. Il a décidé de convier les sénateurs UMP à partir de 18h ce mardi. Etat d'esprit de quelques-uns de ces élus.
Au tour des sénateurs. Plus d'un mois après la réception des députés UMP au lendemain de la défaite de la droite aux élections régionales, Nicolas Sarkozy convie les sénateurs de la majorité ce mardi soir à l'Elysée.
Une soirée qui devrait se dérouler en trois temps: prise de parole du chef de l'Etat, réponse du chef de file du groupe UMP au Sénat Gérard Longuet, puis débat avec la salle.
Si Gérard Longuet espère que "le plus grand nombre possible de sénateurs" pourront poser leurs questions, il prévient: "cela dépendra du temps de parole que laisse le président. Et il est souvent très expressif...". Catherine Procaccia, sénatrice UMP du Val-de-Marne, le confirme: "C'est variable avec le président. Des fois il laisse parler, des fois il parle beaucoup". Selon Bruno Gilles, sénateur UMP des Bouches-du-Rhône, cinq à six élus s'étaient exprimés lors de la dernière rencontre avec Nicolas Sarkozy.
Pour les sénateurs, l'enjeu est avant tout d'établir un programme de travail, de "définir les règles du jeu de la session actuelle, d'ici au 14 juillet", d'après Gérard Longuet. L'occasion, en somme, d'aborder les grands dossiers de fin de quinquennat, alors que Nicolas Sarkozy fêtera jeudi les trois ans de son élection à la présidence de la République.
Difficile, pourtant, de savoir précisemment lesquels seront abordés. "Il n'y a pas d'ordre du jour", assure Jean-Paul Alduy, sénateur UMP des Pyrénées-Orientales. Si les sénateurs de la majorité ont tous à la bouche les mots "retraites", "réforme territoriale" et "burqa", certains avancent d'autres priorités: "loi de modernisation agricole" pour Gérard Longuet, "financement des départements" et "Grèce" pour Bruno Sido, sénateur UMP de la Haute-Marne, "place des femmes dans les futurs conseils territoriaux" et "interrogation sur la sécurité" pour Catherine Procaccia, "mode de scrutin" pour Bruno Gilles, sénateur des Bouches-du-Rhône.
"Regarder devant"
Les sénateurs de la majorité promettent donc de vrais débats de fond. "C'est une rencontre importante pour connaître le positionnement précis, en direct, de Nicolas Sarkozy sur un certain nombre de dossiers, et pas seulement ce que nous disent ses conseillers ou ce qu'on entend dans la presse", observe Catherine Procaccia.
Tous affirment que l'heure n'est plus à la grogne post-régionales. Plus question de parler de "désamour" entre les Français et le chef de l'Etat comme l'avait fait Jacqueline Irles, élue des Pyrénées-Orientales, lors de la rencontre des députés UMP avec le chef de l'Etat. "C'était le temps des états d'âmes. Il faut regarder devant, pas derrière", exhorte Jean-Paul Alduy.
En ligne de mire: les élections cantonales et sénatoriales de 2011, et, bien sûr, la prochaine élection présidentielle. "Notre grand rendez-vous, c'est 2012. Aujourd'hui, le seul qui peut gagner dans notre camp, c'est le président de la République. Il s'agit de lui parler franchement, sans tomber dans la sinistrose, pour le mettre dans la meilleure position pour gagner", tranche Bruno Gilles.