Militaires mutés. Les locations prises d'assaut à Quimperlé (29)

Publié le par Mag M de G

Trouver des locations dans le pays de Quimperlé relève du parcours du combattant. Une conséquence inattendue de la fermeture d'une base militaire à Nîmes et de l'arrivée, à Lann-Bihoué, de quelque 300 familles.

«L'agence m'a proposé une maison à louer le matin, elle ne l'était plus à midi». Depuis deux semaines, Cécile (*) cherche en vain à louer une maison à Quimperlé ou sa région. Une recherche qui relève du parcours du combattant. En deux semaines, la jeune femme n'a rien trouvé. La faute aux militaires? «C'est ce qu'une personne nous a dit en entrant dans l'agence», explique-t-on avec humour à Moëlan. Le candidat à la location venait de faire chou blanc. Comme de nombreux autres. 

Deux cents à 400 personnes 

Plus forte dans le pays de Quimperlé que dans celui de Lorient, la pression sur les locations s'explique, en partie, par l'arrivée à Lann-Bihoué de personnels de la base d'aéronautique navale (Ban) Nîmes-Garons. Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, et la nouvelle organisation territoriale de la Défense qui en découle, la fermeture du site a été décidée en 2011. Avec redéploiement des moyens vers Lann-Bihoué. Sur les 200 à 400 personnes concernées, une première vague vient d'arriver. «On a eu une énorme demande dès le début du printemps», explique-t-on du côté de Clohars-Carnoët. «C'est difficilement quantifiable, mais on le sent». À Quimperlé, comme sur la côte, cette demande a été fortement ressentie à une période «où les locations sont déjà difficiles à trouver». Plus proche de Lorient, du côté de Guidel ou Ploemeur, on fait aussi état de demandes plus nombreuses, sans plus. 

«Quimperlé est ciblée» 

«Quimperlé est ciblée, la côte aussi», confie Cécile qui explique avoir relancé certaines agences tous les deux jours. Des militaires qui arrivent avec des attentes bien précises. «Des maisons plutôt grandes et d'un bon standing avec trois à quatre chambres au minimum», explique-t-on à Clohars-Carnoët. Des maisons situées «souvent au bord de la côte, dans un rayon de trente minutes de la base. Par ici, ce n'est pas trop loin et c'est moins cher que dans le Morbihan», constate-t-on à Moëlan. Après un premier afflux, «c'est un peu plus calme mais nous n'avons plus rien à louer». Quant à Cécile, c'est vers la campagne quimperloise qu'elle tente désormais de trouver son bonheur. Bien décidé à sauter sur la première occasion. Avant que n'arrive la prochaine vague. 

* Le prénom a été modifié.

·                                 Stéphane Guihéneuf

 

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