Lorient L'immense amertume des salariés de Plastimo

Publié le par Mag M de G


Ils sont arrivés vers midi, à l'heure de la pause déjeuner. Ils étaient presque tous là : ceux des ateliers de production, ceux des bureaux aussi. Plastimo emploie plus de 170 personnes. L'inquiétude, parfois la colère, se lisaient sur les visages.

 

Depuis mardi dernier (Ouest-France du mercredi 14 juillet), ils savent que l'avenir de la production Plastimo ne passera plus par Lorient. Albert Journo, PDG du groupe d'équipements de plaisance Navimo, dont Plastimo est la marque de référence, l'a confirmé aux délégués du personnel. Les gilets de sauvetage, les radeaux de survie seront, à terme, entièrement fabriqués dans l'usine de Sibiu, en Roumanie, ouverte en 2007.

« Albert Journo assure que les suppressions de postes se feront en douceur, au fil des départs en retraite. Comment peut-on y croire ? Il veut aller vite. Or, la moyenne d'âge des salariés est de 47 ans. Ils ont donc encore quelques années à assurer »,remarque Gilles Le Roch, délégué CGT à Plastimo.

Les propositions de Cap l'Orient refusées

Les employés de bureau sont tout aussi inquiets que leurs collègues de la production. « Comment peut-on imaginer que nos métiers vont rester sur le site de Lorient, alors qu'ils sont directement liés à la production et aux départs des commandes. » La base logistique installée dans le bloc K2 de la base de sous-marins sera définitivement fermée en septembre. Les 24 personnes qui y travaillaient seront licenciées dans la foulée. Tout le matériel prêt à être expédié aux clients internationaux sera stocké à Lyon, jugé plus centrale que Lorient pour les exports. Navimo dispose aussi d'une usine en Italie pour la fabrication des pièces plastique, qui là encore quitteraient Lorient. Plus question donc de réutiliser les locaux désaffectés de Lorient pour y installer des ateliers plus modernes. Albert Journo, en début de semaine, a décliné les offres faites par le président de Cap l'Orient. Trop chères à ses yeux.

Déjà 63 emplois supprimés

Seul le sort de l'atelier compas, basé rue Ingénieur-Verrière, n'est pas scellé. Le personnel s'interroge sur ce qui restera ici. « Albert Journo assure qu'il veut conserver ici les postes d'ingénieurs, le bureau d'études. Nous avons du mal à croire que cela maintiendra énormément d'emploi. L'atelier chargé de fabriquer les prototypes n'emploie actuellement qu'un salarié ! », commente Gilles Le Roch.

A ce jour, 63 emplois ont été supprimés sur le site lorientais, depuis qu'en juin 2009, Albert Journo a pris la barre du groupe dont il est l'actionnaire principal. Pour éponger les pertes financières, il a confirmé que cela passerait par la délocalisation de la production. Ses concurrents, comme Zodiac, par exemple, ont suivi le même processus, en délocalisant vers la Tunisie et en fermant leurs usines européennes (France, Pays-Bas, Espagne.) Une prochaine assemblée générale des salariés de Plastimo, qui sont en vacances en août, est prévue dès la rentrée de septembre.

 

 

Françoise ROSSI.
 
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article