Lorient (56). Top départ pour le passage du Moustoir au synthétique
Les travaux de changement de pelouse au stade du Moustoir ont débuté hier. Cet après-midi, la moitié des brins d'herbe, des vers de terre si décriés et des 4.000 m3 de terre végétale ont déjà disparu. Entre Lorient et Nancy, le sprint est lancé. Les deux clubs sont les premiers à se doter d'une pelouse synthétique pour la saison prochaine. A Lorient, le premier match sur la nouvelle herbe est attendu le week-end du 15 août.
Depuis hier, les engins de chantier ont remplacé les joueurs sur la pelouse du Moustoir. D'ici le 28 juillet, pour le début du festival interceltique, l'herbe naturelle devra avoir fait place à une "couche de souplesse" et à la "moquette" en brins verts. Le FCL sera alors avec Nancy le premier club de L1 à sauter le pas du synthétique. Un investissement de 900.000€ pour la ville de Lorient, mais une pelouse qui, dans la durée, devrait revenir moins cher que la "vraie".
Le reportage vidéo de Catherine Lozac'h
Moustoir. Oui au synthétique mais pas sans contrepartie
7 mai 2010
La discussion, hier soir, en conseil municipal extraordinaire, sur l'installation d'une pelouse synthétique au Moustoir a fait l'objet d'un consensus total. Comme «la nécessité» d'augmenter le loyer du club.
Norbert Métairie l'avait annoncé début avril. Il souhaite faire poser un terrain synthétique au stade du Moustoir avant la saison prochaine. Les raisons: une pelouse naturelle qui se dégrade lourdement au fil du temps et qui coûte, en terme d'entretien et de maintenance, près de 460.000EUR par an. L'option synthétique a un coût fixe de 900.000EUR pour une dizaine d'années, auquel s'ajoutent des coûts de maintenance annuels de 17.000EUR. Bilan: 107.000 EUR par an d'un côté contre 460.000EUR de l'autre et la garantie d'avoir une pelouse de qualité égale toute l'année et non plus un terrain praticable en fonction des aléas climatiques. «Mon raisonnement dans ce dossier est essentiellement économique», a souligné le maire, hier soir. «J'ai suggéré cette idée au club il y a un an. Elle a fait son chemin. Les terrains dernière génération les ont convaincus». Et le raisonnement économique a également convaincu les conseillers municipaux qui ont donné leur feu vert avec une belle unanimité. Pour Fabrice Loher (MoDem), «la passion du sport ne doit pas faire perdre la lucidité des élus qui sont responsables des deniers publics. Nous pensons que l'investissement se justifie amplement car on est sur une vraie économie.Et il doit permettre de voir le sport amateur profiter aussi de ce terrain d'honneur, à travers des matchs en lever de rideau par exemple».
Renégocier le loyer
Dans la majorité aussi on se réjouit de cette décision. Annick Lécuyer (UDB) souligne «ce pari raisonnable qui permettra d'utiliser plus souvent le stade pour le sport ou la culture». Damien Girard (Les Verts) note «l'engagement financier de la collectivité qui en sera minoré». Mais l'un comme l'autre demandent au maire de revoir à la hausse le loyer du club. «La ville s'est lourdement investie ces dernières années pour le stade mais le niveau des contributions financières du FCL à cet effort reste proche des clubs de Ligue 2. Le club s'est solidifié économiquement. Il est normal de demander une revalorisation des recettes perçues par le contribuable», pour Annick Lécuyer. Même réclamation pour les Verts: «Nous demandons à ce que dès la prochaine saison le montant du loyer soit profondément renégocié. Pour mémoire, le loyer du Stade rennais est de 900.000EUR annuel quand, à Lorient, il est plus de dix fois inférieur».
«Cette discussion il faudra la mener»
Un message bien entendu par le maire. «Des contacts ont déjà été pris avec le club car il y a une situation nouvelle. Nous avons fait de gros investissements, certains à la demande du FCL, comme une nouvelle salle de réception de 500m² dans la tribune sud... Je leur ai dit que l'on n'allait pas pouvoir continuer sur un montant de loyer comme celui d'aujourd'hui. Nous devons aboutir à des accords aussi sur la taxe sur les spectacles mais également sur le centre de formation. Il doit partir à Ploemeur. On n'a plus de raison de le financer... Il faudra que tout soit clair avant la saison prochaine. Cette discussion, je ne dis pas qu'elle sera simple, mais il faudra la mener». Concernant la future pelouse synthétique, c'est l'entreprise Envirosport, d'Amiens, qui a été retenue. Les travaux commenceront dès le 20mai. Ils devraient être achevés pour le 28juillet.
· Gaël Le Saout