letelegramme.com 19 Février Quand le PS manipule pour combler son manque de projet
Malgorn. Un candidat PS l'accuse de racisme, elle dénonce une manipulation
Un incident, à caractère raciste, aurait-il opposé, samedi, Bernadette Malgorn, tête de liste de la Majorité présidentielle à un militant PS de couleur, candidat de la liste Le Drian, sur une place de Rennes ? L'épisode a fait aujourd'hui la Une du site internet national du PS avant d'être remisé dans une rubrique reculée, deux heures plus tard.
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Y-a-t'il eu une réelle provocation de la part de Mme Malgorn ou une manipulation de la part du militant ? L'ex-préfète affirme détenir la preuve enregistrée qu'il s'agit bien d'un coup monté. Le militant et candidat socialiste, Houssein Ibrahim Houmed, prof de philo, a donné sa version des faits sur le site du PS. Il assure avoir rencontré Mme Malgorn, sur le marché de la place des Lices à Rennes où se trouvaient des militants de plusieurs organisations en cette période de campagne. Selon lui, Mme Malgorn serait venue à sa hauteur : "Elle m'a demandé si j'étais français et si j'avais ma carte d'identité". Le candidat socialiste affirme qu'il a été "abasourdi et blessé"par cette demande "relevant, dit-il, de la France qui exclut des millions de citoyens". Mme Malgorn, ajoute-t-il, est repartie "avec ses gardes du corps".
"J'ai été avertie d'un coup monté"
Une version totalement démentie par la tête de liste de la Majorité présidentielle. Elle confirme qu'il y a bien eu une rencontre avec ce militant. "J'étais accompagné de deux personnes, mon assistante et un jeune homme et non pas par des gardes du corps comme le prétend ce candidat socialiste. C'est lui qui m'a abordé en me reprochant d'avoir une position politique qui empêche des gens comme lui de voter. Je lui ai répondu qu'il a parfaitement le droit de voter s'il a une carte d'identité nationale lui permettant de le faire. Il m'a alors servi un discours me reprochant des opinions réactionnaires et d'extrême droite. Je me suis dit que ça ne servait à rien de discuter et qu'il valait mieux en rester là".
"Je me réserve le droit d'engager des poursuites"
"Mais le lendemain, j'ai eu une toute autre version de cette rencontre puisque cet homme disait, autour de lui, que je lui avais demandé ses papiers. Et cette version m'est venue d'un des proches de ce candidat socialiste qui nous a appelés pour dire qu'il ne voulait pas participer à un tel coup monté. Je pensais que cela en resterait là mais puisque certains au PS semblent avoir de drôles de méthodes, je suis prête à fournir l'enregistrement de cette conversation qui apporte la preuve formelle que tout ceci n'est qu'une manipulation. Si le PS ne retire pas ces propos de son site, je me réserve le droit d'engager des poursuites".
PS 35 : "Nous ne voulons pas nous prononcer"
Du côté du site du PS, à Paris, on ne faisait hier aucun commentaire, renvoyant vers la fédération d'Ille-et-Vilaine responsable du contenu. Mais la réponse de la fédération est formelle : "Nous ne voulons pas nous prononcer. Nous n'avons pas d'élément matériel sur cette affaire et nous ne dirons donc rien de plus". La fédération confirme qu'il s'agit bien d'un prof de philo mais quand on insiste pour avoir ses coordonnées téléphoniques et son adresse, la réponse est formelle : "Nous ne les avons pas".