La réponse de Bernadette Malgorn sur les Les algues vertes en Bretagne
Le maire de Carhaix, Christian Troadec, avait convaincu l'écologiste André Ollivro de figurer sur sa liste.
Mais le pourfendeur des marées vertes fait marche arrière.
Le gouvernement boucle un plan d'actions contre les algues vertes. Il s'agit, selon les préconisations d'une mission interministérielle, de prévenir les marées vertes et d'améliorer les dispositifs de collecte et de traitement.
Plusieurs fois reportées, les conclusions des « sages » nommés par François Fillon devraient enfin être rendues. Le gouvernement rendra ses conclusions « ambitieuses à la fin du mois de janvier » affirme Jean-Louis Fargeas, le préfet des Côtes-d'Armor. Plusieurs associations de défense de l'environnement viennent d'écrire au Premier ministre. Certaines craignent un nouveau report en raison du calendrier électoral...
Une OPA sur un écolo
En attendant les décisions de l'État, les candidats aux élections régionales entendent faire campagne sur le thème des algues vertes. Chez les postulants, la pêche aux hommes a commencé. Tête de la liste « Nous te ferons Bretagne », Christian Troadec, le maire divers-gauche de Carhaix, avait fait le 7 janvier une « OPA » amicale sur un écolo costarmoricain.
Ancien porte-parole de l'association Haltes aux marées vertes, André Ollivro devait figurer sur sa liste. Peut-être même en première position dans les Côtes-d'Armor ! Avec comme feuille de route : « le règlement définitif du problème des algues vertes ».
Une semaine plus tard, l'auteur du Scandale des algues vertes jette l'éponge. « Mon combat associatif est incompatible avec une candidature sur une liste politique régionale. » Perdant un allié de taille, le maire de Carhaix maintient sa proposition d'en faire « le Monsieur algues de la future mandature régionale ». Une sorte de consultant.
Dans le camp socialiste, lors du lancement de sa campagne, Jean-Yves Le Drian a fait une promesse sur ce dossier des algues vertes. « La Région bâtira un plan pour arriver au zéro nitrate. On le fera en parlant aux agriculteurs. » Le même affirmait récemment à Rennes, que sur ce dossier, le seul droit que lui laisse l'État, c'est celui de participer à l'expérimentation de nouveaux modes de production agricole sur deux bassins versants...
« Que tout ça disparaisse ! »
Bernadette Malgorn, tête de liste de la majorité présidentielle, a défendu en septembre dernier à Carnac son bilan écolo. « Quand je suis arrivée en Bretagne, il y avait 57 bassins versants qui ne respectaient pas les règles de Bruxelles. Quand j'ai quitté mes fonctions, ils n'en restaient plus que neuf. D'accord, ce sont neuf bassins de trop, mais quand même ! »
Bruno Joncour, le patron breton du Modem estime, lui aussi, que les algues seront un « thème essentiel de la campagne ». Tout en refusant « de jeter l'anathème sur qui que ce soit », le maire de Saint-Brieuc veut « que tout ça disparaisse ! » Il juge que le conseil régional doit être l'acteur clé dans la reconquête de la qualité de l'eau.
Jean-Yves HINAULT.
