L'ex-préfète de Bretagne vient défier la gauche
Dans une région bien installée à gauche, onze listes battent la campagne.Où l'on parle beaucoup d'environnement et de l'avenir de l'agriculture.
La candidature de Jean-Yves Le Drian était naturelle. Pour Bernadette Malgorn, haute fonctionnaire tentée par la politique, ce fut une autre histoire. Elle a pris son temps pour se déclarer. Auparavant, les militants de l'UMP avaient désigné Jacques Le Guen, député du Finistère.
Une demi-douzaine de listes à gauche
Entre le parlementaire et l'ex-préfète, la guéguerre a duré des mois. Chacun brandissant ses appuis à l'Élysée. À l'UMP, le cas breton est devenu épineux et a réclamé un paquet de réunions. Si Bernadette Malgorn a finalement décroché le droit de partir en campagne, la constitution de ses listes a été laborieuse, en particulier dans le Finistère et le Morbihan.
À gauche, on se gaussait. À coups de petites phrases. « Bernadette Malgorn confond le corps électoral avec le corps préfectoral », ironise Jean-Yves Le Drian en lançant sa campagne. Car dans le même temps, le villepiniste Jacques Le Guen, relégué à la deuxième place dans le Finistère, la menace d'une liste dissidente. Qui ne verra jamais le jour.
Sans doute, Jean-Yves Le Drian peut-il battre la campagne avec confiance. Il est le président sortant d'une Région devenue une place forte de la gauche. Son socialisme est accommodant, très loin des querelles parisiennes qui empoisonnent le PS. Il n'empêche. Au premier tour, l'électorat de gauche a le choix entre une demi-douzaine de listes.
Europe Écologie est apparue dans le paysage aux élections européennes, bousculant le PS jusqu'en Bretagne. Les écologistes ont trouvé une pointure pour mener la liste : Guy Hascoët, ancien secrétaire d'État de Lionel Jospin, installé dans les Côtes-d'Armor. Il a derrière lui une solide carrière politique, l'Assemblée nationale et le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, comme vice-président.
Europe Écologie peut nourrir des espoirs, tant l'environnement est présent dans la campagne, avec le dossier des algues vertes. Un autre thème fait débat, celui du retour de la Loire-Atlantique en Bretagne. Christian Troadec (divers gauche), maire de Carhaix, en a fait une liste. La crise de l'agriculture a aussi poussé des exploitants à lancer leur propre liste, Terres de Bretagne. Une autre particularité bretonne.
Au centre de la partie, il y a le MoDem, conduit par Bruno Joncour, maire de Saint-Brieuc. Les fidèles de François Bayrou espèrent sauver leurs huit sièges en passant la barre fatidique des 10 % au premier tour. Un autre enjeu dans une Région qui a été longtemps une terre historique du centrisme.
OuestFrance