L'ALTERNANCE Une autre façon d'apprendre
| Entre théorie en centre de formation et pratique en entreprise, les contrats de formation par alternance sont un excellent tremplin pour s'insérer en douceur dans le monde du travail. |
(De gauche à droite) Martine Bolez, comptable, Cécile Bablée, chargée de mission à Agefos PME, Laetitia Innocente, responsable formation continue à l'UBO, Frédéric Pochard, chef d'entreprise, et Thomas Mériadec, ancien stagiaire, ont participé à un débat dans le cadre des "rendez-vous de l'alternance", le 28 mai dernier au pôle des métiers, à Landivisiau. - © Chantal Pape
"Tous les ans, nous recrutons un ou deux apprentis". Passé lui aussi par la voie de l'apprentissage, Frédéric Pochard, aujourd'hui à la tête d'une entreprise de charpente et escaliers métalliques, y voit une façon de transmettre un savoir. Mais pas seulement. "Au sein de l'entreprise, le tuteur doit prendre du temps pour former le jeune. En contrepartie, il sera immédiatement opérationnel, quand on va l'embaucher". Car, pour bon nombre d'entreprises, l'embauche à l'issue de la formation reste l'un des atouts de l'alternance. "Le jeune a été formé à nos méthodes, à nos produits, à nos logiciels... Il n'aura aucune difficulté d'insertion au sein de l'entreprise".
S'insérer en douceur
Aujourd'hui ingénieur systèmes et réseaux, Thomas Mériadec est, lui aussi passé par l'apprentissage. Après un BEP, il enchaîne sur un Bac pro puis un BTS électrotechnique, avant d'entrer dans la vie active. Mais, après avoir travaillé deux ans, le virus des études le reprend et il s'attelle à un BTS informatique, avant d'entrer en école d'ingénieur. "C'est au cours de l'un de mes stages qu'on m'a proposé de poursuivre cette formation d'ingénieur en alternance". 15 jours en entreprise, 15 jours en stage : l'alternance lui permet de travailler sur de vrais projets, d'intervenir chez des clients, d'abord avec des collègues, puis seul, au bout d'un an. "C'est valorisant : on prend des responsabilités, on acquiert de la maturité, de l'expérience dans le travail plus vite".
Ouvert à tous
Contrairement à une idée reçue, l'alternance n'est pas réservée qu'aux jeunes ! "Les contrats d'apprentissage s'adressent aux moins de 26 ans, dans le cadre de la formation continue, détaille Martine Bolez, comptable. Mais il n'y a aucune limite d'âge pour le contrat de professionnalisation".
Et nombreux sont les établissements de formation qui proposent de tels contrats. "A la fac de Brest, nous avons, tous les ans, 400 apprentis et 300 contrats de professionnalisation, dans des métiers aussi divers que l'industrie, l'agroalimentaire, le commerce, la banque, l'assurance, le social...", explique Laetitia Innocente, responsable de la formation continue à l'UBO, l'Université de Bretagne occidentale.
Payé pour étudier
Mener de front études et travail, les contrats d'apprentissage ou de professionnalisation étant de vrais contrats de travail, n'est pas si simple. "Il n'y a plus que 5 semaines de congés payés au lieu de 2 mois de vacances scolaires, détaille Cécile Bablée, chargée de mission à l'Agefos PME. Et on ne peut plus sécher les cours, sauf à avoir un arrêt de travail".
Pas toujours simple, après la journée de travail, de se remettre à ses cours ! "Mais il ne faut pas perdre de vue le diplôme, à décrocher en fin de parcours !" En contrepartie, un salaire est versé, fonction de l'âge et de la situation de chacun. "Il m'a permis de financer seul mes études", apprécie Thomas Mériadec.
En agriculture aussi
En agriculture, aussi, les contrats d'alternance sont une opportunité pour les employeurs comme pour les salariés. N'hésitez pas à vous renseigner auprès des centres de formation ou de l'AEF, l'association emploi formation, au 02 98 64 67 96.